Le clair et lumineux dessein de Jésus pour l’Eglise et l’humanité ; pour l’Europe aussi ?

Un édito se doit sans doute d’être en prise avec l’actualité ; dans le précédent édito, je n’y allais pas de main morte à propos de la Grèce dans la zone euro, en parlant de mensonge ; je suppose que cela reste vrai ; beaucoup de journaux nous proposent des articles pour nous aider à comprendre la situation, et quelles peuvent être les chances de s’en sortir, au moindre mal pour tout le monde. On lit parfois qu’il a pu y avoir dans le passé, de la part des responsables de l’Union européenne, une certaine imprudence à accueillir à tout va de nouveaux membres ; je me rappelle que j’apprenais avec joie l’entrée dans l’Europe de tous ces pays européens de l’Est, qui me paraissaient faire partie intégrante de notre histoire ; je pensais même à la formule du général de Gaulle : l’Europe, de l’Atlantique à l’Oural. Mais lorsque nous apprenons maintenant que même l’Angleterre songe à faire référendum sur sa participation à l’Union européenne, je m’interroge : avions-nous tous le même projet ? on parlait d’une Europe fédérale, intégrée politiquement ; et aussi plus simplement d’une zone de libre échange, laissant à chacun sa liberté ; l’ambivalence existait entre nations, et au sein de chaque nation, entre les Eurosceptiques, et les Europhiles. Mais on a voulu avancer quand même, dans l’espérance que les mentalités évolueraient peu à peu, en constatant les bienfaits reçus, et convergeraient dans l’unité d’un même projet.
Quand je pense à Jésus, avec ses douze apôtres : lui aussi a dû « faire avec » leurs différences ; et pour compliquer encore, il va en chercher un treizième – Paul -, qui ne craindra pas les affrontements, même avec Pierre, pourvu qu’on avance en vérité ! On a bien vu dans l’histoire de l’Eglise, que les « diversités » peuvent entraîner des incompréhensions, des conflits, des « divisions » qui durent encore ; et pourtant, comme il est étonnant aujourd’hui d’entendre des chrétiens « divisés » parler de « diversités », et souhaiter la réunité pour un nouvel élan de l’Evangile !
Pour l’Eglise et pour l’humanité, Jésus prend les hommes comme ils sont, il leur partage son clair et lumineux dessein, et il « va de l’avant », avec eux. Pour l’Europe aussi ? p. Lenain – 7 juillet 2015