L’eau de Cannes changée dans le vin de Lérins

Lérins est une île à 30 mn au large de Cannes, à côté d’une autre île, dite Sainte-Marguerite ; celle-ci accueille volontiers les touristes, tandis que Lérins abrite une communauté de moines depuis… 16 siècles ! J’y passais 2 jours avec un groupe d’enfants, et nous découvrions avec un moine l’histoire de cette présence monastique ; au fait, pourquoi le fondateur, saint Honorat, dans les années 400, est-il venu s’installer avec quelques amis à Lérins plutôt qu’à Sainte-Marguerite ? Réponse, selon la légende : parce qu’à Lérins, il y avait – et il y a encore – une source d’eau douce, et qu’il n’y en a pas à Sainte Marguerite. De l’eau douce, dans une île pas si grande, toute plate, et entourée d’eau salée ? d’où vient-elle ? Réponse du moine : elle vient de la montagne, au-dessus de Cannes, en passant sous la mer ! Étonnement des enfants, et des grandes personnes ! Ainsi donc la vie peut disparaître, et ressurgir, si loin, et donner encore la vie ? On avait peine à y croire : comment est-ce possible ? On avait peine à comprendre ; mais il fallait bien se rendre à l’évidence : il y a de l’eau douce à Lérins, tirée du sol, et les moines s’en servent pour arroser toutes leurs plantations, et notamment… leurs vignes ! Cette eau qui vient de Cannes et disparaît sous la mer, ressurgit à Lérins, et nous gratifie d’un vin délicieux ! L’eau de Cannes changée en vin à Lérins ! Ça me rappelle quelque chose… mais attention : ici, entre Cannes et Lérins, l’eau a dû d’abord disparaître ; mourir, en somme. Je pense bien sûr au Cana de l’Évangile ; mais aussi dans l’Évangile, à Jésus qui donne la vie, qui meurt, qui ressuscite, et donne la vie plus joliment encore ! Nous aussi, en Jésus, nous pouvons avoir à vivre des moments de mort apparente ; disons de raté, d’échec, de faillite ; de péché, de deuil ; mais avec la promesse que la vie peut ressurgir, et donner de la vie, plus joliment encore !

P. Lenain – 2 juin 2015