Des hommes et des femmes « nés de nouveau », dans le Christ.

Lorsque le père Finet, prêtre de Lyon, rencontra pour la première fois Marthe Robin, grande malade alitée dans la maison paternelle, à Chateauneuf de Galaure (près de Lyon ; c’était le 10 février 1936), celle-ci lui parla longuement de l’Eglise : « l’Eglise, dit-elle (sans préciser catholique ou protestante ou orthodoxe : l’Eglise !) l’Eglise donc va se renouveler, non pas d’abord par les prêtres et les religieux, mais par tous les baptisés, et devenir plus vivante et rayonnante que jamais ! » Marthe parla même d’une nouvelle Pentecôte ! Le père Finet eut une réaction : « mais alors, il va falloir les former, ces baptisés ! » Et Marthe d’abonder : « oui, il va y avoir de nombreux lieux de formation, partout ; et notamment… » et c’est alors qu’elle a commencé de parler des Foyers de charité. Le Concile Vatican II s’est tenu quelques années plus tard. Et ce qu’on observe aujourd’hui de par le monde, c’est un foisonnement d’initiatives de formation dans toutes les Eglises : les diocèses, les paroisses, les religieux, les communautés nouvelles… les Foyers de charité ; tout le monde s’y met. Il s’agit d’une formation de l’intelligence de la foi, certes ; mais pas seulement ; ce qui est proposé, c’est aussi de mille manières, un chemin de conversion, et de rencontre personnelle avec le Seigneur Jésus. Une formation qui vise à construire des hommes et des femmes bien enracinés dans leur foi en Jésus et dans le projet divin sur le monde ; des hommes et des femmes d’amour et d’espérance, qui savent où les conduisent les événements de leur vie et du monde, et qui en connaissent, au moins dans l’esprit, le chemin. En somme, une génération de chrétiens plus adultes et plus responsables.
De plus en plus, dans le monde si bouleversé qui est le nôtre, on se rend compte que ne resteront dans les églises – ces édifices, où demeure et se célèbre le mystère de l’Eucharistie -, et dans l’Eglise – la communauté des croyants en Jésus – que des personnes qui auront un lien intime avec le Seigneur Jésus, qui auront une vraie intelligence de sa Parole ; qui auront le goût toute leur vie de travailler à mieux connaitre Jésus, à mieux comprendre ce chemin sur lequel Il veut nous entraîner, nous et toute l’humanité, et qui tâcheront de le suivre. Les américains aiment bien dire : des « born again », des « nés de nouveau », dans leur coeur. Des saints, en somme ; je veux dire, des gens qui travaillent humblement et avec persévérance à devenir des saints. Quand on pense à de si nombreux baptisés qui ont quitté l’Eglise, ou s’en sont écartés, sur la pointe des pieds : peut-être qu’il leur manque cela précisément : la rencontre personnelle, intime, incommunicable, avec le Seigneur Jésus ; l’intelligence de sa Parole et de son Chemin ; et le goût d' »aller de l’avant », comme dit le pape François, dans cette Présence, même quand ça va mal.
Demandons au Seigneur Jésus de frapper clairement à la porte de nos coeurs ; de faire de chacun de nous un témoin de sa Présence ; et qu’ainsi en nous voyant, les hommes sachent reconnaître Celui qui les appelle dans leur coeur. P. Lenain – 2 février 2016, fête de la Lumière.