Les ouvriers de la dernière heure

Homélie Tordinaire 25 dimanche         A                     retraite

Isaïe 55,6-9 = Cherchez le Seigneur

Ps 144-145 = Chaque jour je Te bénirai

Phil 1,20…27 = Pour moi, vivre, c’est le Christ

Matt 20,1-16 = Les ouvriers de la dernière heure

 

Voilà un enseignement bien énigmatique que Jésus nous propose aujourd’hui avec cette histoire de salaire injuste ; c’était une habitude à l’époque chez les maîtres spirituels que de proposer des énigmes ; soit l’auditeur qui refusait de chercher à comprendre partait en haussant les épaules ; soit l’auditeur se mettait au travail et cherchait à comprendre. Essayons de nous situer dans la 2ème catégorie.

Pour ne pas perdre de temps, il nous faut être attentif à plusieurs indications : la première, c’est que, avant d’entendre l’Evangile, nous avons entendu deux autres lectures, avec un psaume ; il y a souvent un lien entre toutes ces paroles ; à nous de le trouver. Et puis, dans le texte même de l’énigme proposée, il peut y avoir un indice clair, donné par Jésus lui-même, pour trouver la clef de l’énigme. Enfin une Parole ou un geste de Jésus est toujours à comprendre en cohérence avec l’ensemble de tout ce que Jésus a pu exprimer au cours de son ministère.

Appliquons ces conseils à notre énigme d’aujourd’hui : d’entrée de jeu, Jésus nous donne un indice, quasiment la clef de l’énigme : « Le Royaume des Cieux est comparable au maître d’un domaine… » Nous comprenons qu’il ne s’agit pas ici de doctrine et de justice sociale ; il s’agit du Royaume des Cieux. Bien sûr, nous serions choqués si l’on nous disait qu’il n’y a pas de rapport entre la justice sociale sur la terre, et le Royaume des Cieux ; il n’y aurait donc pas de justice dans les Cieux ? Mais voyons les autres lectures.

Le prophète Isaïe disait à ses contemporains : « Cherchez Dieu tant qu’Il se laisse trouver ! … revenez vers le Seigneur…! » ;

 

 

 

 

 

 

 

pour le prophète, c’est Dieu lui-même qu’il nous faut chercher.

Ecoutons maintenant Saint-Paul dans sa lettre aux Philippiens : « Pour moi, vivre, c’est le Christ, et mourir est un avantage… je désire partir pour être avec le Christ, car c’est bien préférable… » ; là encore, il s’agit du Christ lui-même, dans sa personne.

Nous pouvons conclure : le salaire des ouvriers, c’est Jésus, c’est le Christ dans sa personne ; c’est la rencontre personnelle avec Jésus. Une personne n’est  pas plus ou moins là ; elle est là, ou elle n’est pas là. Une personne ne se divise pas.

Seulement voilà : pour qu’il y ait une vraie rencontre, il faut que les deux personnes soient présentes, non seulement dans leurs corps, mais aussi dans leurs cœurs, dans leur attention l’un à l’autre. Il nous arrive à tous d’être présents physiquement dans une rencontre, ou pendant une homélie ( !), mais notre esprit est ailleurs. Jésus, Lui, est certainement présent, de tout son Corps, de tout son Cœur, et de toute son attention.  Vous vous rappelez ce premier commandement donné par Jésus, à la suite de Moïse : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout esprit, de toute ta force ! » Nous savons bien que nous n’en sommes pas là ; mais nous savons aussi que la grâce du Seigneur nous est donnée pour y travailler, avec persévérance.

Pour nous y aider, rappelons-nous les moyens que nous avons pu mettre en oeuvre au cours de cette semaine de retraite,  pour progresser dans l’attention à la présence du Seigneur ; nous avons cheminé chacun dans le secret de son cœur, et ensemble en même temps, à l’écoute de la Parole du Seigneur ; nous nous sommes nourris de son Eucharistie, et de la prière des frères. Prions le Seigneur de nous aider à vivre cela, autrement, mais réellement,  une fois retournés à la maison, dans les conditions de la vie quotidienne qui est la nôtre ; le Seigneur nous assure qu’Il nous précède, dans la Galilée de nos vies.